Dans “Le Monde” du 26 novembre, des conseillers de Paris affiliés au Parti communiste s’indignent du projet selon lequel les cendres du général Bigeard seraient transférées à l’hôtel des Invalides sous le prétexte qu’un certain “flou entoure sa participation à des actes de torture pendant la guerre d’Algérie”. Qui sont-ils pour s’indigner ? Nous n’avons pas de leçon de morale à recevoir de la part des héritiers du stalinisme et des acteurs des goulags soviétiques. Mais surtout ils feraient mieux de se renseigner plus sérieusement : il n’y a aucun flou sur la participation des commandos de Bigeard à la torture détective, dans la région de Saïda où ils sévissaient. En tant qu’officier SAS, j’ai été personnellement témoin des méthodes utilisées, comme je l’ai écrit dans mon livre “L’honneur est sauf” (Editions du Seuil , mai 1990) et contre lesquelles je me suis opposé. D’autre part, une autre grave question morale se pose : qu’a fait le général Bigeard pour sauver du massacre son  commando Georges, au moment de l’indépendance de l’Algérie ? Quels actes de solidarité à l’égard des harkis ? Bigeard, un vaillant soldat ? Oui. Un exemple moral ? Non.

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